World Vision dévoile un rapport sur le prix des aliments à travers le monde

World Vision dévoile un rapport sur le prix des aliments à travers le monde

Le rapport Price Shocks 2026 de World Vision compare le coût d’un panier alimentaire dans 62 pays.

Le prix des aliments ne pèse pas du tout de la même façon selon l’endroit où l’on vit. Dans son rapport Price Shocks 2026, World Vision montre qu’il faut 2,7 heures de travail pour acheter un panier de 10 aliments de base en France. En République centrafricaine, il en faut près de 241, soit 30 jours.

Vous voyez votre ticket de caisse grimper ? Vous n’êtes pas seul. Mais pour des millions de familles, la hausse du prix des aliments ne se traduit pas par un budget serré, elle se traduit par des repas en moins.

Voici ce que révèle cette nouvelle enquête, pays par pays, et ce que cela change pour les enfants.

Prix des aliments dans le monde : que révèle le rapport Price Shocks 2026 ?

Chaque année depuis 2021, World Vision compare le prix des aliments dans les pays où l’organisation intervient. Pour l’édition 2026, 62 pays ont participé. Nos équipes et des bénévoles ont relevé les prix entre novembre 2025 et mai 2026, sur des marchés, dans des boutiques et des supermarchés.

Le panier comprend 10 produits : 1 kg de bananes, de riz, de farine, de sucre, de maïs et de tomates, une douzaine d’œufs, 1 litre d’huile, 1 litre de lait et 1 poulet cru.

Le coût du panier est ensuite comparé au revenu national moyen par habitant (corrigé du pouvoir d’achat), sur une journée de 8 heures. Résultat : le temps de travail nécessaire pour se nourrir. Ce sont des moyennes nationales, qui masquent les écarts entre foyers. La réalité des familles les plus pauvres est donc souvent plus dure que ces chiffres.

Combien d’heures faut-il travailler pour acheter un panier alimentaire ?

cartographie des pays en fonction du prix moyen d'un panier alimentaire

Les 10 pays les plus abordables sont tous à revenu élevé, avec moins de 2,5 heures de travail nécessaires. À l’autre bout, 11 pays exigent plus d’une semaine de travail : Centrafrique, Soudan, Malawi, République démocratique du Congo, Mozambique, Tchad, Somalie, Myanmar, Haïti, Zambie et Ouganda. Tous, sauf le Myanmar et Haïti, sont en Afrique subsaharienne.

Les écarts sont vertigineux. Voici quelques comparaisons tirées du rapport :

Pays où le panier est abordableTemps de travailPays où il l’est peuTemps de travail
Irlande1,2 heureLesotho6 jours
Canada1,7 heureMozambique13,4 jours
Finlande1,7 heureMalawi20,4 jours
Suède1,9 heureCentrafrique30,1 jours
France2,7 heuresRD Congo14,5 jours
États-Unis1,2 heureTchad13 jours

Et en France ? Un prix des aliments abordable, mais en hausse

La France se classe 13e sur 56 pays : 2,7 heures de travail, soit environ 0,3 journée. Pourtant, le coût du panier y a augmenté de plus d’un quart entre 2024 et 2026 (environ 28 % d’après le graphique du rapport).

Ce que nous ressentons en France est donc une pression sur le budget. Le rapport l’explique : chocs sur les approvisionnements, hausse des prix de l’énergie et des matières premières pèsent sur l’inflation dans de nombreux pays.

Mais la différence reste immense. Ici, un panier représente 0,3 journée de travail, mais ailleurs, parfois un mois entier.

Pourquoi le prix des aliments flambe-t-il dans certains pays ?

Sur les 47 pays où la comparaison 2024-2026 est possible, le coût du panier a augmenté dans 33 pays et baissé dans 14. Les hausses sont bien plus fortes que les baisses : +28,3 % en moyenne contre -13,2 %. Quand les prix montent, ils montent brutalement.

Les conflits désorganisent les marchés

En Haïti, la violence des gangs paralyse Port-au-Prince depuis février 2024. Les routes sont coupées, les communautés isolées et les prix sont repartis à la hausse. Aujourd’hui, 5,7 millions d’Haïtiens sont en insécurité alimentaire aiguë. Il faut presque 10 jours de travail pour acheter le panier.

Le Soudan demande de la prudence. Le coût mesuré du panier y a baissé de 36 %, mais il faut tout de même 19,3 jours de travail pour l’acheter, et la famine est présente dans plusieurs zones. Une baisse de prix ne signifie pas toujours une amélioration.

Le climat et les crises économiques aggravent la situation

Le Zimbabwe (+123 %), le Malawi (+112 %) et la Zambie (+61 %) enregistrent les plus fortes hausses. Au Zimbabwe, l’inflation a atteint 95,8 % en juillet 2025. Au Malawi, sécheresse liée à El Niño et pénuries de devises ont fait grimper les prix. La Banque mondiale décrit l’économie malawite comme étant dans une « crise prolongée ».

Quand le panier coûte 30 fois le revenu d’une journée

Dans les pays les moins abordables, le panier alimentaire coûte entre 10 et 30 fois le revenu quotidien moyen d’un travailleur :

PaysPanier en % du revenu journalier
Centrafrique3 011 %
Malawi2 041 %
Soudan1 932 %
RD Congo1 447 %
Mozambique1 341 %
Tchad1 301 %

Par région, le panier représente 906 % du revenu journalier en Afrique subsaharienne, contre 52 % en Europe.

Comment font les familles ? Elles réduisent la quantité et la qualité des repas, s’endettent, vendent leurs biens. Certaines en viennent au travail des enfants ou au mariage précoce.

En Éthiopie, un travailleur moyen doit travailler presque 6 jours (5,8) pour acheter le panier. À Kersa, dans la région d’Oromia, Meskerem, 35 ans, vend des légumes sur le marché. Un jour, l’huile était trop chère : elle a renoncé et n’a acheté que du charbon et des lentilles. Sa famille ne mange plus de bœuf que lors des fêtes. Sa fille Betelhem, 12 ans, rêve de devenir médecin. Dans le pays, 40 % des enfants de moins de 5 ans souffrent d’un retard de croissance.

Au Myanmar, Khin élève huit enfants à Yangon. Le poulet et le poisson ont disparu de leurs assiettes. « Il y a des jours où mes enfants mangent du riz avec seulement de l’huile et du sel », confie-t-elle. Ce n’est plus exceptionnel : c’est devenu son quotidien.

Les enfants paient le prix fort de la hausse du prix des aliments

En 2025, 35,5 millions d’enfants souffraient de malnutrition aiguë dans le monde, dont près de 10 millions sous sa forme sévère. Une alimentation saine reste inaccessible pour environ une personne sur trois, et pour 66,6 % de la population en Afrique.

Les conséquences touchent le corps et l’esprit. La malnutrition freine la croissance, affaiblit les défenses immunitaires, nuit au développement du cerveau et augmente le risque de décès. Ces effets sont parfois irréversibles.

Elle prive aussi les enfants d’école. Au Myanmar, certains enfants sautent le déjeuner à l’école, faute de repas à emporter. Le vrai prix de l’alimentation, c’est donc aussi ce que ces enfants perdent en santé, en apprentissage et en avenir.

Comment World Vision agit face à la hausse du prix des aliments

En 2025, les programmes d’aide alimentaire de World Vision ont touché près de 10 millions de personnes, dont 60 % d’enfants. Notre réponse humanitaire a atteint plus de 35,6 millions de personnes dans 70 pays.

Concrètement, nous combinons :

  • l’aide alimentaire d’urgence et les transferts d’argent
  • les repas scolaires et le traitement de la malnutrition
  • l’appui aux revenus (agriculture, groupes d’épargne, microcrédit)
  • l’accès à l’eau potable et à l’hygiène

En Éthiopie, nous avons soutenu 1,9 million de personnes en 2025, dont plus de 50 000 écoliers qui ont reçu des repas. En Haïti, plus de 14 000 enfants mangent chaque jour à l’école grâce à nos équipes. Au Myanmar, nous avons atteint 2,2 millions de personnes, dont 1,2 million d’enfants.

Notre rapport appelle aussi les gouvernements à agir : étendre les repas scolaires et la protection sociale, soutenir les agriculteurs locaux, s’attaquer aux causes structurelles (conflits, climat, dette) et réinvestir dans l’aide humanitaire.

Le parrainage s’inscrit dans cette logique durable. Les dons sont mutualisés pour financer des projets au bénéfice de toute une communauté : pour 1 enfant parrainé, 5 enfants voient leurs conditions de vie s’améliorer. Denis Brogniart, parrain et ambassadeur, le résume :

« Grâce à ce parrainage, je vais lui permettre de grandir plus sereinement, d’aller à l’école. »

Que pouvez-vous faire face à la hausse du prix des aliments dans le monde ?

Aucun enfant ne devrait manquer de nourriture parce que les prix flambent. Ensemble, nous pouvons agir.

  • Parrainez un enfant dès 30 €/mois, soit 10,20 € réels après réduction fiscale de 66 %. Vous offrez à un enfant et à sa communauté un avenir plus sûr. Vous êtes libre d’arrêter à tout moment, sans frais.
  • Vous pouvez également vous engagez via un don régulier à partir de 10 € par mois, Un geste geste concret pour aider les familles qui n’ont plus les moyens de se nourrir.
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