Journée mondiale de l’alimentation : pourquoi elle compte pour les enfants

Journée mondiale de l’alimentation : pourquoi elle compte pour les enfants

La Journée mondiale de l’alimentation a lieu chaque 16 octobre, dans plus de 150 pays, à l’initiative de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). En 2026, le thème est « Innover aujourd’hui pour nourrir demain ».

Cette date n’est pas qu’un rendez-vous symbolique. Dans le monde, 2,7 milliards de personnes n’ont pas les moyens de s’offrir une alimentation saine, et ce sont les enfants qui paient le prix le plus lourd.

Voici l’essentiel : la date, les chiffres, l’étude de World Vision et ce que vous pouvez faire.

Pourquoi la Journée mondiale de l’alimentation ?

Le 16 octobre est l’anniversaire de la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, elle a été créée au lendemain d’une guerre qui avait laissé des millions de personnes sans accès fiable à la nourriture.

Elle poursuit trois objectifs :

  • sensibiliser le grand public à la faim et à la malnutrition
  • mobiliser gouvernements, entreprises et citoyens autour d’actions concrètes
  • rappeler que l’accès à une alimentation suffisante et nutritive est un droit

Depuis 1981, la FAO choisit un thème différent chaque année. Marathons, expositions, marches contre la faim : les événements se multiplient dans le monde entier.

Quel est le thème de la Journée mondiale de l’alimentation en 2026 ?

Le thème est « Innover aujourd’hui pour nourrir demain ».

Il met en avant les solutions innovantes, associées aux savoirs traditionnels, qui rendent l’alimentation plus accessible, plus résiliente et moins gaspilleuse. L’enjeu : nourrir une population qui grandit sans épuiser la planète.

L’innovation ne suffit pourtant pas si les familles n’ont pas les moyens d’acheter la nourriture disponible.

Où en est la faim dans le monde en 2026 ?

La tendance est encourageante, mais fragile. Selon le rapport SOFI 2026 (FAO, FIDA, UNICEF, PAM, OMS), 7,8 % de la population mondiale a souffert de la faim en 2025, soit environ 645 millions de personnes. C’est la troisième baisse consécutive, et 43 millions de personnes de moins qu’en 2022.

Mais les progrès ne sont pas partagés :

  • L’Afrique compte désormais le plus grand nombre de personnes sous-alimentées, 309 millions, devant l’Asie.
  • 150,2 millions d’enfants de moins de cinq ans souffrent d’un retard de croissance.
  • Le monde reste hors de la trajectoire de l’objectif « Faim zéro » en 2030.

Étude de World Vision : combien de temps faut-il travailler pour acheter un panier alimentaire ?

C’est la question que pose le rapport « Choc des prix 2026 » de World Vision. Pour la cinquième année, nous avons comparé le coût d’un panier alimentaire standard aux salaires moyens dans 62 pays.

Le contraste est saisissant :

  • En Irlande, aux États-Unis et au Royaume-Uni, un travailleur gagne ce panier en un peu plus d’une heure.
  • En République centrafricaine, il faut près de 30 jours de salaire.

Les prix, eux, continuent de grimper. Sur 47 pays comparables, le coût du panier a augmenté dans 33 pays et baissé dans 14. La hausse moyenne dépasse largement la baisse moyenne.

« Du riz avec de l’huile et du sel »

Khin vit dans la région de Yangon, au Myanmar. Elle est mère de huit enfants.

« Il y a des jours où mes enfants mangent du riz avec seulement de l’huile et du sel. Ce n’est plus occasionnel, c’est devenu une réalité quotidienne. »

Conflit, difficultés économiques et déplacements ont réduit son pouvoir d’achat. Le poulet et le poisson ont disparu de la table. Elle cherche désormais les ingrédients les moins chers.

Son histoire résume le rapport. L’accessibilité alimentaire, ce sont aussi les choix que font les familles à la maison : ce qu’elles mangent, ce dont elles se privent.

Pourquoi la faim touche d’abord les enfants

Quand le budget se resserre, les familles achètent moins, choisissent des aliments moins nutritifs, s’endettent ou vendent leurs biens. Certaines sautent des repas.

Pour les enfants, les conséquences sont immédiates et durables. En 2025, 35,5 millions d’enfants souffraient de malnutrition aiguë, dont près de 10 millions sous sa forme sévère.

La malnutrition freine le développement physique et cognitif et affaiblit les défenses immunitaires. Elle augmente aussi le risque de mortalité. Ces effets peuvent durer jusqu’à l’âge adulte.

Conflits, crises économiques et dérèglement climatique aggravent la situation. Ils désorganisent les revenus, les marchés et les chaînes d’approvisionnement. Retrouvez nos explications sur la lutte contre la malnutrition et sur la famine, ses formes et ses conséquences.

Quels sont les 4 piliers de la nutrition ?

On parle plus souvent des 4 piliers de la sécurité alimentaire, définis par la FAO :

  1. La disponibilité : assez de nourriture produite et importée.
  2. L’accès : les moyens économiques et physiques de se la procurer.
  3. L’utilisation : une alimentation variée, de l’eau saine et de bonnes conditions d’hygiène pour que le corps en tire profit.
  4. La stabilité : un accès régulier, même en cas de crise, de sécheresse ou de flambée des prix.

Le rapport éclaire surtout le deuxième pilier. La nourriture existe, mais elle reste hors de prix pour des millions de familles.

Ce que nous faisons sur le terrain

Chez World Vision France, la nutrition est l’un des huit domaines d’action de chaque parrainage. Chaque heure, un enfant menacé par la malnutrition commence un traitement grâce à nos programmes.

Nous soutenons aussi les familles pour qu’elles produisent et achètent mieux : semences, matériel agricole, moyens de subsistance, accès à l’eau potable. Avec une logique de long terme : nos programmes durent 15 ans en moyenne, pour que les communautés deviennent autonomes.

World Vision demande aussi aux gouvernements et aux bailleurs d’agir :

  • étendre les repas scolaires et la protection sociale pour protéger les enfants pendant les crises ;
  • investir dans des systèmes alimentaires locaux résilients ;
  • s’attaquer aux causes : conflits, climat, pressions économiques ;
  • garantir une aide alimentaire rapide aux personnes touchées par les conflits et les déplacements.

Le 16 octobre, agissez pour un enfant

Vous ne pouvez pas changer les prix du marché, mais vous pouvez changer l’accès à l’alimentation d’un enfant.

Parrainer un enfant, c’est dès 30 €/mois, soit 10,20 € réels après réduction d’impôt de 66 %. Pour 1 enfant parrainé, 5 enfants voient leurs conditions de vie s’améliorer.

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