Travail des enfants : les secteurs les plus touchés
Découvrez quels secteurs d’activités emploient le plus d’enfants dans le monde et le rapport « The High Price of Beauty » de World Vision International.
Les secteurs concernés en un coup d’œil
| Secteur | Part des enfants au travail | Ce que cela recouvre |
|---|---|---|
| Agriculture | 61 % | Cultures de cacao, café, huile de palme, vanille, riz, élevage |
| Services | 27 % | Travail domestique chez des tiers, petit commerce, vente de rue |
| Industrie | 13 % | Mines, usines de textile et d’électronique |
Source : OIT et UNICEF, « Travail des enfants : estimations mondiales 2024 », juin 2025.
Agriculture : premier secteur d’emploi des enfants

Dans le monde, 61 % des enfants qui travaillent exercent leur activité dans les champs (OIT, 2025). C’est de loin le premier secteur concerné.
Le travail agricole s’exerce d’abord dans un cadre familial. Les enfants aident leurs parents pour les semences, les récoltes, l’entretien des sols, la garde des bêtes, la traite ou la transformation des produits.
Mais d’autres sont employés par des entreprises agricoles qui profitent d’une main-d’œuvre vulnérable et peu coûteuse. Beaucoup sont alors privés d’école, pris au piège de la pauvreté, et incapables de défendre leurs droits.
Le danger est multiple. Les enfants manipulent des outils dangereux et répandent des produits chimiques sans protection.
Les exploitations les plus touchées sont notamment les plantations d’huile de palme, de café, de cacao, de canne à sucre ou de riz. Des enfants de moins de 15 ans ont été recensés dans les plantations d’huile de palme en Indonésie, en Malaisie, en Équateur, en Sierra Leone, au Guatemala et en Colombie.
L’exemple de la vanille en Ouganda avec Peter et Rahmad

La culture de la vanille est délicate. Elle exige une pollinisation manuelle, longue et minutieuse. En Ouganda, de nombreux enfants non scolarisés, comme Peter et Rahmad, travaillent dans ce secteur.
Peter, 17 ans, a commencé à travailler à 8 ans. Il a dû retarder sa scolarité jusqu’à 15 ans pour terminer l’école primaire. Rahmad, influencé par son frère, a débuté à 5 ans. Sa scolarité est régulièrement interrompue par la pollinisation et la récolte.
À Madagascar, près d’un tiers des travailleurs de la vanille ont entre 12 et 17 ans. Environ 20 000 enfants y effectuent des tâches dangereuses.
Exploitation des enfants dans l’industrie cosmétique : Le rapport de World Vision International

Le rapport « The High Price of Beauty » de World Vision International révèle que de nombreux produits de beauté contiennent des ingrédients collectés par des enfants. C’est le cas des gloss, des huiles et des beurres corporels, dont les ingrédients viennent de mines et de fermes de pays à faible revenu.
Même les produits « cruelty free » ne garantissent pas l’absence de travail infantile. Les chaînes d’approvisionnement, complexes et opaques, profitent aux multinationales, tandis que les enfants en souffrent.
Pourquoi les enfants travaillent dans ces filières
Dans les zones pauvres, les familles envoient leurs enfants travailler au lieu de les envoyer à l’école. Environ 30 % des ingrédients cosmétiques proviennent de produits miniers ou agricoles. La demande de cosmétiques naturels a amplifié le problème.
Les politiques des entreprises de beauté
Les plus grandes entreprises ont amélioré leurs politiques d’achat et leurs audits. Pourtant, le nombre d’enfants qui travaillent dans des conditions dangereuses a augmenté. Des actions concrètes sur le terrain sont nécessaires pour obtenir de vrais changements.
Pour y arriver, les entreprises doivent vérifier rigoureusement leurs chaînes d’approvisionnement. Les gouvernements, eux, doivent améliorer l’accès à la sécurité sociale et à l’éducation. Au rythme actuel, le recul reste trop lent : il faudrait le multiplier par 11 pour éliminer le travail des enfants d’ici cinq ans (OIT, 2025).
L’exploitation des enfants dans les industries et mines
La téléphonie et le textile restent les deux principaux exemples de travail des enfants dans l’industrie. Au total, l’industrie représente 13 % des enfants au travail.
En Chine, de nombreux enfants travaillent dans des usines de fabrication de téléphones portables, dans des conditions souvent déplorables et pour un salaire dérisoire. Le code du travail chinois interdit pourtant le travail aux moins de 16 ans.
Le travail des enfants dans l’industrie textile

Le textile n’est pas en reste. Au Bangladesh, l’effondrement de l’usine du Rana Plaza en 2013 a révélé les conditions de travail des ouvriers du textile. Il a aussi mis en lumière la présence de jeunes filles mineures parmi les victimes.
En 2016, l’Overseas Development Institute révélait que 15 % des enfants de 6 à 14 ans des bidonvilles de Dacca travaillaient 64 heures par semaine dans le textile.
L’extraction de minerais : Un travail infantile dangereux
Le travail des enfants dans les mines d’or

Au moins un million d’enfants de 5 à 17 ans travaillent dans des mines d’or, selon l’OIT. Ils sont enfouis dans des galeries souterraines ou nettoient l’or au mercure en surface. L’activité est extrêmement dangereuse pour leur santé comme pour leur avenir.
Beaucoup n’ont jamais connu l’école. Ils remplacent leurs parents ou exploitent clandestinement des galeries abandonnées pour revendre l’or. Il n’est pas rare qu’ils travaillent plus de 10 heures par jour dans des conditions extrêmes.
L’exploitation des enfants dans l’extraction de cobalt
Le cobalt est indispensable aux batteries des téléphones et des ordinateurs. Plus de la moitié de la production mondiale vient de République démocratique du Congo.
Selon l’UNICEF, près de 40 000 garçons et filles travaillent comme mineurs artisanaux dans le sud du pays, majoritairement dans l’extraction de cobalt. Le risque d’éboulement est permanent. Les poussières de cobalt peuvent provoquer des infections pulmonaires mortelles.
Sans protection, exposés chaque jour au danger, les enfants s’épuisent physiquement et psychologiquement. Ils deviennent aussi plus vulnérables aux violences et aux abus. Pour aller plus loin, lisez notre article sur le travail infantile en RDC.
Le travail informel : Commerces et services
Les services représentent 27 % des enfants au travail, notamment dans le travail domestique et la vente de biens sur les marchés.
Le commerce de rue et ses dangers

Le commerce de rue concerne une grande part des enfants qui travaillent. Poussés par l’exode rural, les enfants et leurs familles rejoignent les grandes villes dans l’espoir d’une vie meilleure. Beaucoup finissent par travailler au lieu d’aller à l’école.
Les petits emplois informels sont les plus faciles d’accès pour ces enfants vulnérables : cirage de chaussures, lavage de voitures, ramassage d’ordures, portage, vente de fruits ou de boissons. Ces activités non réglementées sont difficiles à recenser, ce qui expose encore davantage les enfants aux dangers de la rue.
Le travail domestique des jeunes filles
Le travail domestique est réalisé en majorité par des jeunes filles. Elles travaillent dans leur propre foyer ou sont recrutées par des familles plus aisées. Elles ne sont pas toujours considérées comme exerçant une activité économique.
Très isolées et à l’abri des regards, elles sont aussi difficiles à recenser que les vendeurs de rue.
Comment protéger les enfants de ces secteurs ?
Nous agissons sur les causes qui poussent les enfants au travail : la pauvreté des familles et le manque d’accès à l’école. Dans nos programmes, nous améliorons l’éducation, soutenons les parents et mobilisons les communautés pour protéger les enfants vulnérables.
Découvrez en détail nos actions dans notre article sur comment lutter contre le travail des enfants.
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