Journée mondiale des réfugiés 2026
En 2024, 47,2 millions d’enfants ont dû se déplacer en raison de conflits et des violences.
Parmi les grandes crises humanitaires de notre siècle, la situation des réfugiés s’impose comme une problématique majeure. Alors que le nombre de déplacements forcés n’a jamais été aussi élevé, il est important de ne pas mettre de côté ces histoires de vie bouleversées par la violence.
La Journée mondiale des réfugiés du 20 juin, mise en place par les Nations Unies, est l’occasion de comprendre la réalité des réfugiés et d’agir à leurs côtés. Et pourquoi ne pas s’engager avec World Vision ?
Comprendre la réalité des réfugiés aujourd’hui
La crise des réfugiés s’est largement amplifiée au cours de la dernière décennie. Selon le dernier rapport du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), 117,3 millions de personnes étaient déplacées de force en 2025. Parmi elles, 42,5 millions sont des réfugiés, c’est-à-dire des personnes ayant franchi une frontière internationale pour fuir la guerre, la persécution ou la violence. Ce nombre a plus que triplé en dix ans.
Les principales zones d’origine des réfugiés sont :
- Afghanistan : 6,1 millions,
- Syrie : 6,3 millions,
- Venezuela : 6,1 millions,
- Ukraine : 6 millions.
Bien que certains d’entre eux décident de rejoindre des pays éloignés, la majorité des réfugiés restent proches de leur pays d’origine : 66 % sont accueillis dans des pays voisins, souvent à revenu faible ou intermédiaire, qui supportent 71 % de la charge mondiale de l’accueil.
Derrière ces chiffres, il y a des familles brisées et des enfants traumatisés par les violences qu’ils ont vues ou vécues. Les causes de l’exil sont multiples : conflits armés, persécutions politiques ou religieuses, discriminations, violences, mais aussi catastrophes climatiques qui aggravent des situations déjà précaires.
Les personnes déplacées affrontent de nombreux obstacles pour survivre. Beaucoup d’entre elles, en fuyant, laissent derrière elles leurs proches. La séparation familiale impacte particulièrement les enfants qui perdent déjà de nombreux repères. En se déplaçant, les réfugiés doivent également trouver un hébergement temporaire, souvent précaire, notamment dans des camps ou des abris de fortune. Une fois installés, le contact avec la population locale n’est pas toujours évident et l’intégration peut s’avérer difficile.
Bien que l’organisation d’une journée internationale des réfugiés ne suffise pas à stopper les causes profondes des déplacements de population dans le monde, elle permet néanmoins de mettre en lumière la situation des personnes déplacées. Elle est également l’occasion pour tous les acteurs internationaux de réfléchir aux solutions concrètes pour améliorer les conditions de ces personnes et de faire respecter leurs droits fondamentaux.
Portraits et témoignages : donner un visage à l’exil
Selon l’ONU, 47,2 millions d’enfants ont dû se déplacer en raison de conflits et violences en tout genre en 2024. Mais derrière ces statistiques, il y a des histoires. Donner la parole aux réfugiés, c’est rappeler que l’exil est bien réel.
Les traumatismes du conflit au Soudan

Au Soudan, la maison de Zoulaikha a été attaquée en juin 2023. Prise entre les coups de feu, sa famille n’était plus en sécurité. Elle raconte « Je voulais sauver mes enfants. Ils avaient peur, et il y avait des bruits de tirs assourdissants. Nous avons beaucoup souffert sur le chemin ». Sa mère ajoute : « Nous étions dans les chambres, et ils tiraient sur nous comme s’il pleuvait des balles ».
Dès qu’ils ont pu, ils ont fui vers le Tchad, marchant pendant des heures jusqu’à ce que quelqu’un les prenne en charge. En chemin, ils ont été attaqués : « Ils ont tiré sur nous. Ils ont tout pris : notre téléphone, notre argent, nos dattes », raconte Zoulaikha. Lorsqu’ils ont enfin franchi la frontière, le silence a été un soulagement. Elle confie : « Quand nous avons traversé, il n’y avait plus d’armes, plus de tirs. Nous avons dit : Dieu soit loué ! »
Mais le traumatisme du conflit ne s’arrête pas à la frontière. Pour des familles comme celle de Zoulaikha, les souvenirs des tirs, des morts et de la peur persistent. « Nous sommes psychologiquement marqués », explique-t-elle. « Il y a un soutien en santé mentale dans les camps. Cela aide, mais ce n’est pas suffisant. » Elle fait des cauchemars terribles, revivant sans cesse son traumatisme. « Nous avons besoin de développement, mais nos esprits souffrent aussi. »
Les conséquences du conflit en Syrie

En Syrie, Um Muhammad n’aurait jamais imaginé que cela soit si difficile de se nourrir. Avant le conflit, elle et son mari vivaient sereinement avec leurs sept enfants. « Tout a changé en un instant », dit-elle, la voix fatiguée. Les années d’instabilité du pays ont déraciné sa famille, la laissant seule pour protéger ses enfants. Désormais installée dans un camp au nord-ouest de la Syrie, elle mène un combat sans relâche : trouver assez de nourriture pour les nourrir.
Sans revenu stable, chaque repas devient un défi. « J’essaie de partager chaque portion de nourriture au maximum, mais il y a des nuits où mes enfants se couchent le ventre vide », admet-elle. « Aucune mère ne devrait jamais voir son enfant souffrir ainsi. »
Partout en Syrie, plus de 12 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population, sont confrontées à l’insécurité alimentaire. Les conséquences pour les enfants sont dévastatrices. La malnutrition freine leur croissance, affaiblit leur système immunitaire et entrave leur capacité d’apprentissage. Beaucoup, comme le plus jeune fils d’Um Muhammad, risquent des complications de santé à long terme en raison du manque de nutrition adéquate.
« J’essaie de m’assurer que mes enfants mangent, même si cela signifie que je me prive », confie Um Muhammad. « Mais parfois, il ne reste tout simplement plus rien. »
Ces parcours de vie rappellent que l’exil est une épreuve mais aussi un acte de courage et d’espoir. Les mettre en lumière permet de changer de regard sur les réfugiés et favoriser une prise de conscience collective.
Le rôle des États, des ONG et des citoyens dans la crise migratoire
Face à la crise migratoire, et selon la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, les États ont la responsabilité de protéger les personnes réfugiées. En France par exemple, la politique d’asile est assurée par l’État qui doit prendre en charge les besoins élémentaires des réfugiés. Bien que des failles existent en France comme dans d’autres pays du monde, notamment quant à la répartition de l’accueil, il incombe aux gouvernements de soutenir ces personnes exilées.
ONG : acteurs essentiels dans la crise migratoire
Elles interviennent à toutes les étapes du parcours des réfugiés : secours en mer, assistance juridique, hébergement, accompagnement social, aide aux enfants, accès à la santé, à l’éducation et à l’emploi. Elles jouent aussi un rôle de plaidoyer pour défendre les droits des réfugiés et sensibiliser l’opinion publique. Leur action est complémentaire de celle des États, et souvent déterminante dans la prise en charge des besoins immédiats et l’orientation vers les bonnes structures.
Pour la Syrienne Um Muhammad, l’aide humanitaire est une bouée de sauvetage. Le soutien d’organisations telles que le Programme Alimentaire Mondial et World Vision permet d’accéder à des paniers alimentaires essentiels contenant du riz, des lentilles et de l’huile, des produits simples, mais vitaux.
« Cette nourriture, c’est plus que des repas ; c’est de l’espoir », dit-elle. « Cela signifie que mes enfants auront la force de continuer, de rêver à un avenir meilleur. » Elle ajoute : « Nous ne voulons pas seulement survivre ; nous voulons reconstruire. Je rêve du jour où je pourrai subvenir aux besoins de ma famille sans dépendre de l’aide. »
Ce que fait World Vision sur le terrain
World Vision, organisation de solidarité internationale présente dans plus de 100 pays, s’engage depuis des décennies auprès des populations les plus vulnérables, dont les réfugiés.
Nos équipes interviennent dès les premières heures d’une crise et restent présentes sur le long terme. Voici ce que cela signifie en pratique :
Aide d’urgence : distributions alimentaires, accès à l’eau potable, abris d’urgence, soins médicaux. Quand une famille fuit en pleine nuit avec rien, ces besoins sont vitaux dans les premières 48 heures.
Protection de l’enfance : World Vision crée des espaces sûrs où les enfants peuvent jouer, dessiner, parler et simplement être des enfants à nouveau. Ces espaces offrent aussi un soutien psychosocial pour traverser le traumatisme. L’organisation lutte activement contre l’exploitation, les violences et la traite d’enfants, des risques particulièrement élevés dans les camps.
Soutien à l’éducation : pour un enfant réfugié, reprendre l’école, c’est reprendre pied dans la vie. World Vision met en place des classes temporaires, distribue du matériel scolaire et forme des enseignants, même en situation d’urgence. Parce qu’une génération qui ne lit pas, c’est une génération perdue.
Autonomie et reconstruction : au-delà de l’urgence, World Vision accompagne les familles vers l’indépendance. Formations professionnelles, accès à l’emploi, soutien à la création de petites activités génératrices de revenus. L’objectif est de permettre aux familles de reconstruire leur vie dans les meilleures conditions.
Questions fréquentes sur la Journée mondiale des réfugiés
Quand a lieu la Journée mondiale des réfugiés ?
La Journée mondiale des réfugiés est célébrée chaque année le 20 juin, à l’initiative des Nations Unies. Cette date a été officiellement instaurée en 2001 pour marquer le 50e anniversaire de la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés.
Quelle est la différence entre un réfugié, un demandeur d’asile et un déplacé interne ?
Un réfugié est une personne qui a fui son pays et bénéficie d’une protection internationale reconnue. Un demandeur d’asile est en attente d’une décision officielle sur sa demande de protection. Un déplacé interne a été contraint de fuir, mais n’a pas franchi de frontière internationale, il reste dans son propre pays. Ces trois situations sont très différentes sur le plan juridique, même si elles partagent la même réalité humaine : la fuite et la peur.
Pourquoi y a-t-il autant de réfugiés dans le monde ?
Selon le HCR, 117,3 millions de personnes étaient déplacées de force en 2025. Les causes sont multiples : conflits armés (Soudan, Syrie, Ukraine, Afghanistan), persécutions politiques ou religieuses, violences, mais aussi catastrophes climatiques de plus en plus fréquentes qui aggravent des situations déjà fragilisées.
Les réfugiés restent-ils longtemps dans les camps ?
Oui, souvent bien plus longtemps qu’on ne l’imagine. Certaines situations de déplacement durent des décennies. Les enfants nés dans les camps n’ont parfois jamais connu d’autre vie. C’est pourquoi World Vision travaille non seulement sur l’urgence immédiate, mais aussi sur des programmes d’éducation et d’autonomie à long terme.
Comment aider les réfugiés depuis la France ?
Plusieurs options s’offrent à vous : soutenir financièrement une ONG comme World Vision (avec déduction fiscale de 66 %), parrainer un enfant, faire du bénévolat auprès d’associations locales d’accueil, ou simplement sensibiliser votre entourage. Chaque geste compte.
World Vision intervient-elle directement auprès des réfugiés ?
Oui. World Vision est présente dans les principales zones de crise : Soudan, Syrie, Ukraine, Afghanistan et bien d’autres. Nos équipes locales, souvent elles-mêmes issues des communautés touchées, interviennent pour l’aide alimentaire, la protection des enfants, l’accès à l’eau et à l’éducation, et le soutien psychosocial.
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