Les agriculteurs d’Eswatini face au chaos climatique
Dans ce pays d’Afrique australe, la pluie ne vient plus comme avant. Les saisons se dérèglent, les rivières s’assèchent, les champs ne produisent plus assez. Pour des millions de familles dont la survie dépend de ce qu’elles cultivent, le changement climatique n’est pas une menace future : c’est une réalité qui frappe aujourd’hui.
Cette année, les chocs se sont succédé sans répit. Des tempêtes de grêle ont d’abord ravagé les champs de maïs. Des vagues de chaleur ont brûlé ce qui restait. Puis les inondations alimentées par les cycles d’El Niño et La Niña, amplifiées par le dérèglement climatique, ont détruit 173 000 acres de cultures dans toute la région. Et comme si cela ne suffisait pas, la fièvre aphteuse, absente du pays depuis plus de vingt ans, s’est propagée via les eaux de crue. Le bétail, ultime filet de sécurité des familles rurales, leur “compte épargne”, a été décimé.
Ce que vivent ces femmes, ces agriculteurs, ces grands-mères qui élèvent seules leurs petits-enfants, c’est le visage humain de la crise climatique mondiale.
Une crise qui frappe l’Eswatini aujourd’hui, et qui menace demain toute l’Afrique subsaharienne.

Ce qui aggrave la crise en Eswatini, c'est qu'il ne s'agit pas seulement d'une crise en Eswatini. Les chocs climatiques touchent les agriculteurs ruraux dans toute l'Afrique subsaharienne.
