Arménie : pays sous tension

Arménie : pays sous tension

En 2023, l’Azerbaïdjan lance une offensive sur le Haut-Karabagh et déclenche un drame humain : 100 000 Arméniens ont été contraints de fuir leur terre ancestrale.

À l’origine du conflit : la région frontalière du Haut-Karabakh, disputée par les deux capitales d’Erevan et de Bakou depuis les années 1990. À l’époque, cette première guerre avait provoqué plus de 30 000 morts.

En 2023, l’Azerbaïdjan lance une offensive éclair sur le Haut-Karabagh. En moins de vingt-quatre heures, les forces séparatistes arméniennes capitulent, ouvrant la voie à un cessez-le-feu et à des négociations sur l’intégration des territoires. Mais derrière cette victoire militaire fulgurante se cache un drame humain d’une ampleur considérable : quelque 100 000 Arméniens (soit 80 % de la population) ont été contraints de fuir leur terre ancestrale.

En mars 2025, ces longues négociations aboutissent enfin à un texte commun entre les deux pays, posant les bases d’un accord de paix historique. Celui-ci implique toutefois une condition sensible : la modification de la constitution arménienne, ce qui ne manque pas de susciter des tensions en interne.

Quelles sont les conséquences de ce conflit sur les populations ?

Une paix difficile à gagner

La région du Haut-Karabakh reste l’épicentre des désaccords entre les deux pays. Cette zone montagneuse, majoritairement peuplée d’Arméniens ayant fait sécession de l’Azerbaïdjan avec le soutien de l’Arménie dans les années 90, continue d’être le théâtre d’affrontements réguliers.

En 2020 déjà, les tensions diplomatiques autour du Haut-Karabakh avaient donné lieu à un conflit armé de 44 jours extrêmement violent. 6 500 morts et des milliers de blessés furent à déplorer. Près de 100 000 arméniens et 40 000 azerbaïdjanais avaient fuient le conflit selon l’ONU.

Depuis le cessez-le-feu, des dizaines de discussions et de pourparlers de paix ont été organisés sans grand succès. L’Union Européenne a également réuni à plusieurs reprises les premiers ministres respectifs des deux pays. En septembre dernier, les ministres des affaires étrangères de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie ont été conviés aux Etats Unis afin d’échanger sur le maintien de la paix.

De nouveaux affrontements meurtriers

Quelle est la situation actuelle de l’Arménie depuis la signature des accords du 10 novembre 2020 ?

Si plusieurs attaques ont eu lieu depuis le conflit de 2020, le 12 septembre 2022 marque la reprise d’un affrontement violent entre les deux pays. Ce conflit éclair de 2 jours a entrainé la mort d’au moins 3 civils et fait des dizaines de blessés. De nombreuses maisons et infrastructures municipales comme des écoles ont été détruites. Ces brusques attaques font renaître la peur d’un nouveau conflit, deux ans après le triste anniversaire. Bien qu’un nouveau cessez-le-feu ait été signé, les violences n’ont pas pris fin pour autant. Le 7 novembre, l’Arménie et l’Azerbaïdjan se sont mutuellement accusés de nouveaux bombardements dans le Haut-Karabakh.

Cette situation de tension fait l’objet d’une grande surveillance par les autorités internationales et les organisations humanitaires.

Une situation humanitaire précaire

La population redoute plus que tout un nouveau conflit armé. Depuis 2020, l’Arménie fait face à d’importants besoins humanitaires aggravés par le conflit en Ukraine et la pandémie de Covid 19. Les enfants sont les premiers à souffrir de cette situation de grande tension. En septembre dernier, selon les autorités arméniennes, 1 437 enfants ont dû quitter leurs foyers désormais trop proches des combats. Déplacements forcés, peur du conflit, difficultés d’accès à l’éducation et à la santé sont le lot quotidien des enfants arméniens.

Actions de World Vision en Arménie

Les objectifs de ces interventions sont étroitement alignés sur les objectifs stratégiques de nos activités soutenu par nos programmes de parrainage dont l’objectif reste de leur transmettre un maximum de compétences pour qu’à terme, ils puissent poursuivre leur développement en toute autonomie.

Le programme de parrainage en Arménie

petite fille arménienne victime de la guerre

Pendant 15 ans, World Vision a mis en place un programme de parrainage en Arménie et a pu aider plus de 2 400 personnes dans une région montagneuse de l’est, considérée comme l’une des plus pauvres du pays. Les défis autour de la santé, de l’alimentation et de l’éducation étaient multiples.

L’engagement des parrains et des marraines ainsi que le travail des équipes locales, ont permis la mise en place de nombreux projets avec les enfants. Aujourd’hui, 98 % des enfants se sentent plus confiants en l’avenir et motivés pour s’épanouir professionnellement.

Notre aide d’urgence en Arménie

fourniture de moyens de subsistance pour la population arménienne

Depuis la fin de notre programme de parrainage en Arménie, World Vision France continue d’accompagner les familles, malgré les difficultés liées au contexte sur place. Nous apportons une aide d’urgence aux familles de Vardenis affectées par le conflit.

Pour cela, nous fournissons un soutien psychosocial complet et adapté aux populations les plus vulnérables des régions de Syunik et de Gegharkunik. En parallèle, nous procédons à l’autonomisation de la population locale en garantissant ses moyens de subsistance. Nous fournissons également un soutien pour la reconstruction, la rénovation et le réaménagement des infrastructures communautaires et des maisons endommagées.

Malgré l’instabilité, les équipes locales continuent les activités de parrainage et le suivi des enfants avec :

  • Un soutien et un suivi psychosocial des enfants et des familles.
  • Des formations sur la protection sociale et des ateliers sur la santé des enfants.
  • La création d’ateliers éducatifs autour des droits de l’Homme et de la protection de l’enfance.
  • Des classes dédiées à l’entrepreneuriat social pour les jeunes.

Soutenir les personnes en situation de handicap

En partenariat avec trois organisations locales et soutenu par l’Union Européenne, World Vision France agit en Arménie pour promouvoir l’égalité des droits des personnes handicapées dans cinq régions du pays.

Un enjeu crucial : selon les statistiques officielles de 2021, près de 195 000 Arméniens vivent avec un handicap physique, psychologique ou intellectuel, un chiffre alourdi par les séquelles de la guerre de 44 jours en 2020.

Depuis février 2024, le projet a déjà permis la formation de travailleurs sociaux, la traduction d’évaluations internationales du handicap et l’ouverture prochaine de deux centres de distribution de matériel d’assistance pour les familles.

Une dynamique encourageante, portée également par l’adoption d’un nouveau cadre national d’évaluation du handicap aligné sur les standards de l’OMS, qui ouvre la voie à une meilleure inclusion pour tous.

Pour en savoir plus sur World Vision France, télécharger notre brochure
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