Glissement de terrain meurtrier dans une mine en RDC
World Vision appelle à une protection urgente des enfants
A Goma, le 3 février 2026, un glissement de terrain dans une mine en RDC a provoqué une catastrophe humaine majeure à Rubaya, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. À la suite de pluies diluviennes, l’effondrement de galeries dans une mine artisanale de la RDC aurait coûté la vie à plus de 200 personnes, dont environ 70 enfants selon des premières estimations encore provisoires.
Face à ce drame minier à l’est de la RDC, World Vision lance un appel urgent pour renforcer la protection des enfants, déjà pris au piège d’un contexte marqué par le conflit, la pauvreté et l’exploitation minière non régulée.
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Un accident minier en RDC au cœur d’une zone de conflit
La mine de Rubaya se situe dans l’une des régions les plus instables du pays. Le Nord-Kivu est à la fois riche en ressources naturelles, notamment le coltan de la RDC et profondément marqué par des décennies de violences armées.
Ce glissement de terrain au Nord-Kivu illustre la dangerosité des sites miniers artisanaux : sols instables, absence de normes de sécurité, galeries improvisées et exposition accrue aux intempéries.
« C’est une tragédie déchirante. Les enfants devraient être à l’école, pas sous terre », déclare Aline Napon, directrice nationale de World Vision en RDC.
Au moment de l’effondrement, de nombreux mineurs, y compris des enfants, se trouvaient à l’intérieur des galeries. Plusieurs survivants, gravement blessés, ont été transférés vers des hôpitaux de Goma pour des soins spécialisés, tandis que l’accès au site restait extrêmement difficile pour les secours.
Enfants dans les mines en RDC : une réalité structurelle
Ce drame minier dans l’est de la RDC met une nouvelle fois en lumière le travail des enfants dans les mines. Dans la région de Rubaya, de nombreuses familles déplacées ou appauvries n’ont d’autre choix que de recourir à l’exploitation des enfants au Congo pour survivre.
Chiffres sur le travail des enfants dans les mines
- Des milliers d’enfants travaillent dans les mines artisanales de la RDC
- Jusqu’à 30 % de la main-d’œuvre minière artisanale locale serait mineure
- Les enfants sont exposés à des risques mortels : éboulements, blessures, maladies respiratoires, violences
Les enfants sont souvent employés pour le transport de charges lourdes, le petit commerce ou le tri des minerais. Ce travail dangereux des enfants compromet leurs droits fondamentaux, à savoir l’éducation, leur santé et alimente un cycle de pauvreté à long terme.
Coltan, minerais, conflit et chaînes d’approvisionnement mondiales
Rubaya est un centre stratégique de production de coltan, un minerai essentiel à la fabrication de téléphones, d’ordinateurs et de batteries.
Mais derrière cette ressource clé se cache une réalité alarmante : le coltan et le travail des enfants sont étroitement liés dans l’est de la RDC.
- Les minerais de conflit contribuent au financement de groupes armés
- Les chaînes d’approvisionnement du coltan restent insuffisamment contrôlées
- Les communautés locales, elles, restent piégées dans la pauvreté
« Les minerais extraits ici génèrent d’énormes profits à l’échelle mondiale, tandis que les enfants paient le prix fort », souligne David Munkley, directeur zonal de World Vision pour l’est de la RDC.
Des conséquences durables pour les enfants et les familles
Au-delà du bilan humain immédiat, cette catastrophe minière au Congo aura des effets à moyen et long terme :
- Traumatismes psychologiques chez les enfants survivants
- Risque accru d’exploitation et de séparation familiale
- Déscolarisation massive liée à la perte de revenus des foyers
- Dépendance renforcée au travail des enfants dans les mines
Les familles endeuillées se retrouvent sans ressources, poussant encore davantage d’enfants vers le travail forcé dans les mines en Afrique.
L’action de World Vision au Nord-Kivu
Présente dans l’est de la RDC depuis 1984, World Vision déploie des programmes de protection de l’enfance en zone de conflit.
Le programme WALIP, mis en œuvre au Nord-Kivu avec l’organisation locale Cœur Sans Frontière, soutient plus d’un millier d’enfants affectés par les violences et le travail dangereux.
Actions clés :
- Soutien psychosocial pour les enfants traumatisés
- Prévention du travail des enfants et accompagnement des familles
- Retour à l’école et alternatives économiques
- Plaidoyer pour une meilleure régulation minière
Cette aide humanitaire au Nord-Kivu vise à offrir aux enfants une véritable alternative à l’exploitation.
S’attaquer aux causes profondes du drame minier en RDC
Pour éviter de nouvelles tragédies, il est essentiel d’agir sur plusieurs leviers :
- Renforcer la protection des enfants en RDC
- Encadrer strictement les mines artisanales
- Responsabiliser les chaînes d’approvisionnement internationales
- Investir dans l’éducation et les moyens de subsistance des familles
Sans ces mesures, les enfants travailleurs des mines en Afrique resteront les premières victimes d’un système profondément inégal.
Comment aider les enfants en RDC ?
Chacun peut agir pour soutenir les ONG de protection de l’enfance en RDC :
- Soutenir des organisations engagées comme World Vision
- Sensibiliser aux enjeux des minerais de conflit et des enfants
- Encourager des pratiques d’achats responsables
- Relayer les appels à l’action humanitaire
Agir aujourd’hui, c’est contribuer à protéger les enfants et à leur offrir un avenir loin des mines.
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