Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines
Le 6 février, l’ensemble des pays se mobilise à l’occasion de la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF). Cette journée symbolique rappelle l’urgence d’en finir avec des pratiques ayant de graves conséquences pour des millions de filles et de femmes à travers le monde.
Définition et contexte des mutilations génitales féminines (MGF)
Les mutilations génitales féminines regroupent toutes les interventions qui altèrent ou blessent les organes génitaux féminins pour des raisons non médicales. Elles incluent différentes formes d’excision, d’ablation ou de fermeture partielle de l’appareil génital. Ces pratiques, ancrées dans quelques traditions culturelles ou sociales, sont souvent justifiées par des croyances relatives à la féminité et considérées comme un rite de passage vers l’âge adulte.
Pourtant, les MGF n’ont aucun fondement religieux ni bénéfice médical. Elles constituent une violation grave des droits humains, notamment du droit à la santé, à la sécurité et à l’intégrité physique. Le plus souvent, elles sont pratiquées sur de très jeunes filles, parfois dès l’âge de 5 ans, dans des conditions d’hygiène précaires et entraînent d’importantes séquelles pour les victimes.
Enjeux et conséquences des mutilations génitales féminines pour les filles et les femmes
Aujourd’hui, plus de 230 millions de femmes ont déjà subi une forme de mutilation génitale féminine, essentiellement en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. Les conséquences de ces violences faites aux femmes sont multiples.
Les MGF provoquent d’importantes douleurs, mais peuvent aussi entraîner des hémorragies, de graves infections, voire le décès des victimes. Au-delà des effets néfastes immédiats, ces pratiques entraînent également des complications obstétricales à long terme et d’importants traumatismes psychologiques.
Au-delà de la santé, les MGF limitent les perspectives d’avenir pour les filles qui en sont victimes. Dans plusieurs régions, l’excision est une préparation au mariage. En plus de subir des violences physiques et psychologiques, les jeunes filles quittent alors souvent les bancs de l’école une fois mariées, sans diplôme ni perspectives professionnelles.
Pourquoi une journée internationale ?
Mise en place par les Nations Unies en 2012, la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines rappelle l’urgence de mettre fin à ces pratiques. Alors que les MGF se pratiquent encore dans plusieurs pays et leurs diasporas, il est important d’agir à l’échelle internationale, notamment pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) qui visent à éliminer toutes les pratiques préjudiciables, y compris les mariages précoces et les MGF d’ici à 2030.
Chaque année, la mobilisation internationale de cette journée permet de sensibiliser l’opinion publique, de soutenir les victimes et de renforcer les engagements pour y mettre un terme.
La journée internationale est aussi l’occasion de donner une voix aux victimes aux quatre coins du monde en mettant en avant des histoires comme celle de Peninah.

À Osiligi, au Kenya, Peninah a été excisée à l’âge de 12 ans. Mariée peu de temps après, elle est aujourd’hui mère de quatre enfants. La jeune femme milite désormais pour que ces pratiques cessent. Bénévole santé dans son village, elle lutte contre les MGF et le mariage des enfants. Elle a notamment organisé des discussions avec les chefs de village et des ateliers dans l’école locale pour sensibiliser aux dangers de ces pratiques. Peninah enseigne notamment aux filles les moyens de se défendre, afin de se protéger des violences comme l’excision ou le mariage précoce.
Écouter les victimes et montrer qu’une autre façon de faire est possible, voilà tout l’enjeu de cette journée internationale.
Les actions de lutte
Mettre fin aux mutilations génitales féminines d’ici à 2030
Mettre fin aux MGF d’ici 2030 peut sembler ambitieux, mais cet objectif mondial est toutefois réalisable si les efforts s’accélèrent. Cela requiert la mobilisation de tous les acteurs : États, ONG et citoyens.
Afin que cet objectif soit atteint, il est essentiel de travailler avec les populations concernées en sensibilisant les filles et les garçons, renforçant les lois et en proposant des alternatives à ces pratiques néfastes. Les leaders religieux ont notamment un rôle majeur à jouer pour faire évoluer les traditions.
À l’échelle internationale
De nombreuses initiatives portent déjà leurs fruits. Des pays comme le Burkina Faso, le Kenya ou la Guinée ont adopté des lois interdisant les MGF, accompagnées de programmes nationaux d’éducation et de santé. Les Nations Unies, via l’UNFPA et l’UNICEF, travaillent sur un programme mondial soutenant 17 pays pour éliminer les MGF.
La mobilisation internationale se fait aussi à travers les campagnes d’information et de témoignages pour briser le silence et les tabous entourant cette pratique. L’objectif est d’encourager les populations à abandonner les MGF volontairement, en remplaçant les rites de passage nocifs par des rites alternatifs symboliques, une méthode notamment soutenue dans les programmes de World Vision.
En France
Bien que moins fréquentes, la France n’est pas épargnée par les mutilations génitales féminines. Les MGF concernent près de 139 000 femmes et filles dans l’hexagone. Le pays a pourtant mis en place un cadre juridique strict interdisant les MGF et offrant protection et accompagnement médical aux victimes. Les hôpitaux, les travailleurs sociaux et les éducateurs sont formés pour repérer les situations à risque et accompagner les familles vers un changement de pratiques.
L’action de World Vision dans la lutte contre les mutilations génitales féminines
Présente dans de nombreux pays touchés par les MGF, World Vision agit avec les populations locales pour protéger les filles et les femmes. L’association humanitaire met en œuvre des approches fondées sur l’éducation, la prévention et le dialogue. Au sein de ses programmes, elle encourage notamment la reconversion des exciseuses et accompagne financièrement les familles afin de briser le cercle vicieux des violences faites aux femmes.
Au Kenya, le programme Big Dream propose des rites de passage alternatifs, permettant aux jeunes filles d’être reconnues comme adultes sans subir de mutilations.
World Vision forme également les leaders de villages, les enseignants et les parents afin qu’ils deviennent acteurs du changement. Les garçons et les hommes sont notamment invités à participer aux programmes, afin qu’ils agissent eux aussi pour mettre fin aux violences faites aux femmes.
L’ONG humanitaire, forte de son expérience au Kenya, travaille également sur des actions au Bangladesh. Dans les deux pays, entre octobre 2024 et mars 2025 :
- 28 573 personnes ont participé à une formation sur le changement de comportement,
- 2 321 parents ont été formés à une éducation parentale positive,
- 15 576 filles ont suivi une formation pour renforcer leurs compétences et prendre confiance en elles,
- 7 549 personnes ont été formées aux techniques d’autonomisation,
- 4 811 membres font désormais partie de groupes d’épargne.
Au-delà du Kenya et du Bangladesh, World Vision soutient aussi des campagnes de sensibilisation dans plusieurs pays dans lesquelles elle intervient. L’organisation favorise un travail coopératif avec les institutions locales pour assurer l’application des lois et l’accès à l’éducation, conditions indispensables à la fin des MGF.
Comment s’engager et agir contre les MGF ?
Chacun peut contribuer à mettre fin aux mutilations génitales féminines. En partageant les campagnes de sensibilisation et en portant la voix des victimes, chaque citoyen peut contribuer à faire évoluer les mentalités.
Il est également possible de soutenir financièrement les programmes de prévention via des dons à des associations engagées, comme World Vision France. Ces contributions permettent de financer des actions concrètes comme les formations aux droits des enfants, ou encore la reconversion des exciseuses.
S’impliquer, c’est aussi parler ouvertement du sujet, dans son entourage, son école ou son lieu de travail, pour sensibiliser les plus jeunes. Les professionnels de santé, enseignants, éducateurs ou bénévoles peuvent se former pour identifier les situations à risque et accompagner les familles.
Relayer les campagnes, donner, témoigner, c’est participer concrètement à la protection des femmes et des filles pour qu’elles n’aient plus jamais à subir ces violences.
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