Marcher 6 km par jour pour avoir de l’eau : une réalité pour des millions d’enfants

Marcher 6 km par jour pour avoir de l’eau : une réalité pour des millions d’enfants

Imaginez vous lever chaque matin, avant l’aube, et marcher pendant plus d’une heure sous la chaleur, non pas pour aller à l’école, mais pour ramener un seau d’eau à la maison. C’est pourtant le quotidien de millions d’enfants à travers le monde.

La corvée d’eau des enfants n’est pas une image d’un autre siècle. C’est une réalité qui se joue aujourd’hui, dans des dizaines de pays, et qui vole chaque jour à ces enfants leur santé, leur éducation et leur avenir.

Découvrez pourquoi l’accès à l’eau est bien plus qu’une question de confort et comment nous pouvons, ensemble, changer les choses.

6 km par jour : la réalité quotidienne de millions d’enfants

Une distance qui écrase les journées

Pourquoi 6 km ? Ce chiffre n’est pas symbolique. C’est la distance moyenne que parcourent chaque jour les femmes et les enfants dans le monde pour accéder à une source d’eau potable. Souvent avec un jerrican de 20 litres sur la tête ou dans les bras, soit l’équivalent de 20 kg pour un corps d’enfant.

Selon l’Observatoire des inégalités, qui s’appuie sur les données OMS/UNICEF, ce sont près de 300 millions de personnes dans le monde qui doivent marcher plus de 30 minutes aller-retour pour atteindre un point d’eau. Et pour beaucoup, ce trajet est bien plus long. En Mauritanie, en Somalie ou au Yémen, comptez plus d’une heure rien que pour rejoindre la source.

Au total, 2,1 milliard de personnes, soit 1 personne sur 4, n’a pas accès à une eau potable sûre à domicile. Derrière ce chiffre, des visages d’enfants.

Un fardeau porté à 90 % par les femmes et les filles

La corvée d’eau n’est pas répartie équitablement. Dans 7 foyers sur 10 sans accès à l’eau courante, ce sont les filles et les femmes qui s’en chargent. Selon l’UNICEF, elles consacrent jusqu’à 90 % de leur temps aux tâches domestiques, dont la collecte de l’eau. Au Malawi, les femmes y passent en moyenne 54 minutes par jour, contre seulement 6 minutes pour les hommes.

En Afrique subsaharienne, quand le trajet pour aller chercher de l’eau dépasse 30 minutes, ce sont près de 3,36 millions d’enfants qui se retrouvent responsables de cette corvée au sein de leur foyer. Des enfants qui, à cet âge, devraient être assis sur les bancs de l’école.

La corvée d’eau, une barrière à l’éducation

Des heures volées à l’école

La corvée d’eau n’est pas répartie équitablement. Selon l’étude UNICEF RDC, dans 81 % des ménages sans accès à l’eau courante, ce sont les enfants de moins de 18 ans qui assurent la collecte et parmi eux, les filles sont largement majoritaires : 67 % contre seulement 14 % pour les garçons.

Ces chiffres font écho à une réalité plus large : selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance, les heures consacrées à la collecte de l’eau réduisent directement le temps disponible pour l’éducation et le développement des enfants, avec des conséquences durables sur leurs performances scolaires. Dans certains cas, les filles finissent même par décrocher de l’école.

Les filles, premières victimes de ce cercle vicieux

Pour les filles, la corvée d’eau crée un cercle vicieux particulièrement dévastateur. Moins elles vont à l’école, moins elles acquièrent de compétences. Moins elles ont de compétences, plus elles restent vulnérables à la pauvreté, aux mariages précoces et à l’exclusion économique.

Les jeunes filles exposées à de longs trajets pour l’eau sont aussi davantage victimes de violences physiques et sexuelles le long du chemin. Ce n’est pas seulement leur temps qui est volé, c’est leur sécurité.

En comprenant ce lien entre accès à l’eau et droits des enfants, on mesure à quel point construire un puits peut transformer toute une vie.

Eau insalubre : quand la corvée devient un danger de mort

Enfant puisant de l'eau dans une rivière polluée faute d'accès à l'eau potable

Plus de 1 000 enfants meurent chaque jour

Marcher des heures pour trouver de l’eau est déjà épuisant. Mais quand l’eau trouvée est contaminée, la corvée devient une menace mortelle. Chaque jour, 1 000 enfants de moins de 5 ans meurent des conséquences d’une exposition à une eau insalubre ou contaminée, selon l’UNICEF.

Pour des familles déjà fragilisées, boire l’eau d’une rivière ou d’une mare représente souvent le seul choix disponible. Selon l’OMS, ce sont 106 millions de personnes dans le monde qui consomment encore directement des eaux de surface non traitées : lac, cours d’eau, canal d’irrigation.

Choléra, diarrhée, dysenterie : les maladies de la pauvreté hydrique

L’OMS estime que l’eau contaminée provoque chaque année environ 505 000 décès liés aux seules maladies diarrhéiques. La diarrhée représente à elle seule 8 % des causes de mortalité infantile dans le monde (2022). Le choléra connaît une résurgence préoccupante. Le nombre de cas signalés a augmenté de 13 % entre 2022 et 2023, et les décès ont bondi de 71 % sur la même période. En 2024, soixante pays ont notifié des cas, contre 35 seulement en 2021.

Ces maladies sont évitables. Elles tuent parce que l’accès à une eau propre reste hors de portée pour des millions de familles.

Le changement climatique aggrave la crise

Des nappes phréatiques qui s’assèchent

La pénurie d’eau dans le monde ne fait que s’intensifier sous l’effet du dérèglement climatique. Les nappes phréatiques s’épuisent. Dans certaines communautés d’Afrique subsaharienne, les habitants doivent aujourd’hui creuser leurs puits deux fois plus profond qu’il y a dix ans seulement. Les précipitations deviennent plus irrégulières, alternant entre sécheresses prolongées et inondations soudaines, qui, elles aussi, contaminent les rares ressources disponibles.

C’est un paradoxe cruel : les régions qui souffrent le plus du manque d’eau sont aussi celles qui subissent le plus durement les conséquences climatiques.

190 millions d’enfants africains en danger extrême

Une analyse de l’UNICEF publiée avant la Conférence des Nations Unies sur l’eau a identifié 10 pays africains, dont le Mali, le Niger, la Somalie et le Tchad, où 190 millions d’enfants font face à une triple menace : manque d’infrastructures d’eau, maladies hydriques et aléas climatiques croissants. Dans certaines parties d’Afrique de l’Ouest et centrale, les températures augmentent 1,5 fois plus vite que la moyenne mondiale, accélérant la propagation des agents pathogènes.

L’accès à l’eau : un levier qui transforme toute une vie

Quand une communauté obtient enfin l’accès à un point d’eau potable de proximité, tout change. Les filles retournent à l’école. Les femmes retrouvent du temps pour des activités génératrices de revenus. Les enfants ne tombent plus malades chaque mois. La mortalité infantile recule et l’économie locale redémarre.

L’accès à l’eau, l’hygiène et l’assainissement est l’un des investissements les plus rentables au monde : selon l’OMS, chaque euro investi dans l’amélioration de l’assainissement génère un retour économique moyen de 5,5 euros. Favoriser l’accès à l’eau est donc un véritable levier de développement.

Ce que fait World Vision France sur le terrain

Depuis des décennies, World Vision France agit concrètement pour que l’eau cesse d’être un privilège.

Construction de puits au Ghana

Construction d'un point d'eau potable par World Vision France au Ghana, transformant la vie d'une communauté

Au Ghana, nous avons déjà construit plus de 4 000 points d’eau et permis à 1,5 million de personnes d’accéder à une eau potable durable. En Zambie, en Afrique de l’Ouest, en Asie, nos équipes forment également les communautés à entretenir elles-mêmes les infrastructures, pour que les puits et l’accès à l’eau puissent perdurer dans le temps.

Amélioration de l’accès à l’eau et l’hygiène en Bolivie

jeunes filles utilisant l'eau d'un robinet pour le lavage des main installé par world vision france

En Bolivie, l’accès à l’eau potable reste un défi quotidien pour des milliers de familles vivant dans des zones rurales isolées. Grâce au parrainage, les résultats de 2024 sont concrets et encourageants : plus de 10 000 personnes ont désormais accès à une eau potable sûre, et 1 système complet d’approvisionnement a été construit pour 2 063 habitants. Une infrastructure durable qui transforme en profondeur le quotidien des enfants et de leurs familles : moins de maladies, plus de temps pour l’école, et une communauté qui reprend confiance en son avenir.

Grâce à votre soutien, nos actions pour l’accès à l’eau continuent de s’étendre, une communauté après l’autre.

Ce que vous pouvez faire aujourd’hui

6 km. C’est la distance qu’un enfant marche pour trouver de l’eau pendant que vous lisez ces lignes. Cette réalité est injuste. Mais elle n’est pas inévitable.

En parrainant un enfant, vous contribuez directement à financer des programmes d’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement dans les communautés les plus vulnérables. Chaque parrainage soutient non seulement un enfant, mais toute une communauté et les générations à venir.

Ensemble, nous pouvons faire en sorte que la corvée d’eau appartienne au passé.

Pour en savoir plus sur World Vision France, télécharger notre brochure
Soutenir Vision du monde
Je parraine
Agisser avec Vision du monde
J’agis…
* Champs obligatoires