Montée des eaux : conséquence du climat
Selon le dernier rapport du GIEC, le niveau de la mer pourrait s’élever de plus d’un mètre d’ici à 2100.
Qu’est-ce que la montée des eaux ?
La montée des eaux correspond à l’élévation progressive du niveau des océans, principalement causée par le réchauffement climatique, la fonte des glaciers et la dilatation thermique de l’eau.
Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le niveau moyen des mers a augmenté d’environ 20 centimètres entre 1901 et 2018, avec une accélération marquée depuis les années 1990.
Cette élévation n’est pas uniforme. Certaines régions sont plus exposées en raison de leur géographie, de leur densité de population ou encore de la fragilité de leurs infrastructures. La montée des eaux menace ainsi des millions de personnes vivant dans les zones côtières, en particulier dans les pays en développement.
Au Sénégal, dans la région de Ziguinchor, à Diembéring, les populations font face à un niveau de montée des eaux très élevé. La commune est située sur plusieurs îles et presqu’îles, ce qui rend les déplacements très compliqués, freinant ainsi l’accès aux soins et à l’éducation.
Nous y avons ouvert en 2023 un programme de développement à long terme dans lequel nos actions sont adaptées aux besoins des populations et aux spécificités locales, afin d’offrir des solutions durables qui permettront aux populations de surmonter les conséquences de la montée des eaux.
Quelles sont les causes de la montée des eaux ?
L’élévation du niveau de la mer résulte de deux mécanismes principaux directement liés au réchauffement climatique, auxquels s’ajoute l’influence des activités humaines.
Le réchauffement climatique
La première cause est la fonte des glaciers et des calottes polaires. Le réchauffement global entraîne une perte de masse importante des glaciers de montagne ainsi que des grandes calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique. Selon le GIEC, cette fonte contribue de manière significative à la hausse du niveau des océans.
La dilatation thermique des océans
La deuxième cause est la dilatation thermique des océans. En absorbant plus de 90 % de l’excès de chaleur lié aux émissions de gaz à effet de serre, les océans se réchauffent. Or, l’eau se dilate lorsqu’elle chauffe, ce qui augmente mécaniquement le volume des océans.
L’activité humaine
Enfin, les activités humaines jouent un rôle déterminant dans l’accélération de ces phénomènes. Les émissions de gaz à effet de serre issues des transports, de l’industrie ou de la déforestation amplifient le réchauffement climatique, et donc la montée des eaux.
Montée des eaux : des projections scientifiques fiables
Les projections du GIEC permettent d’estimer l’évolution future du niveau des mers en fonction des scénarios d’émissions.
Dans son sixième rapport d’évaluation, le GIEC indique que le niveau moyen des océans pourrait augmenter d’environ 0,44 mètre à 0,76 mètre d’ici 2100 dans un scénario d’émissions intermédiaire, et jusqu’à près de 1 mètre dans un scénario d’émissions très élevées.
Ces projections tiennent compte des incertitudes liées aux dynamiques glaciaires, notamment en Antarctique. Elles confirment néanmoins que la montée des eaux est un phénomène durable, qui se poursuivra sur plusieurs siècles, même en cas de réduction des émissions.
Combien de personnes sont menacées par la montée des eaux ?
La montée des eaux constitue un enjeu humain majeur.
Selon les Nations Unies, environ 680 millions de personnes vivent aujourd’hui dans des zones côtières situées à moins de 10 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ces populations sont particulièrement exposées aux risques d’inondation et de submersion.
Toujours selon l’ONU, ce chiffre pourrait dépasser un milliard d’ici 2050, sous l’effet de la croissance démographique et de l’urbanisation des zones littorales.
Par ailleurs, la Banque mondiale estime que le changement climatique pourrait entraîner jusqu’à 216 millions de déplacements internes d’ici 2050, dont une part importante liée à la montée des eaux et à ses conséquences.
Quels territoires sont les plus vulnérables ?
Certaines régions du monde sont particulièrement exposées en raison de leur géographie et de leur densité de population.
Le Bangladesh est souvent cité comme l’un des pays les plus vulnérables. Une grande partie de son territoire se situe en zone deltaïque à faible altitude. Selon la Banque mondiale, plusieurs millions de personnes pourraient être déplacées à l’intérieur du pays d’ici 2050 en raison de la montée des eaux et de l’érosion côtière.
Les Maldives représentent également un cas emblématique. L’altitude moyenne de cet archipel est d’environ 1,5 mètre au-dessus du niveau de la mer. Selon les Nations Unies, certaines îles pourraient devenir inhabitables au cours du XXIe siècle en raison des inondations et de l’érosion.
Au Vietnam, le delta du Mékong, qui abrite des millions d’habitants et constitue une région agricole essentielle, est menacé par la montée des eaux et la salinisation des sols.
En Afrique de l’Ouest, des pays comme le Sénégal ou le Bénin sont confrontés à une érosion côtière rapide, aggravée par l’élévation du niveau de la mer.
Quelles conséquences pour les populations ?

La montée des eaux a des conséquences multiples, qui dépassent largement la seule question environnementale.
Migrations climatiques
L’un des effets les plus visibles est l’augmentation des déplacements de populations. Lorsque les terres deviennent inhabitables en raison des inondations ou de la salinisation, les habitants sont contraints de migrer. Ces migrations internes ou transfrontalières participent à l’émergence du phénomène de réfugiés climatiques.
Accès à l’eau potable et santé
L’accès à l’eau potable est également affecté. L’intrusion d’eau salée dans les nappes phréatiques rend l’eau impropre à la consommation et augmente les risques de maladies.
Agriculture et économie
Les activités agricoles sont fortement perturbées. La salinisation des sols et les inondations réduisent les rendements, ce qui fragilise la sécurité alimentaire des populations.
Protection des enfants
Les enfants sont particulièrement vulnérables face à ces bouleversements. Dans les contextes de crise environnementale, ils sont plus exposés à la malnutrition, à l’interruption de leur scolarité et aux risques de violence, comme l’observent de nombreuses situations liées à l’accès à l’eau dans le monde .
Une réalité déjà observable
Contrairement à une idée reçue, la montée des eaux n’est pas un phénomène lointain. Elle est déjà observable dans de nombreuses régions du monde.
Entre 2022 et 2023, le niveau mondial moyen des mers et des océans a grimpé de 7,6 mm selon les données enregistrées par la NASA. Cette hausse contribue à multiplier les épisodes d’inondations côtières, y compris lors de marées dites “de nuisance”, sans tempête particulière.
Ces phénomènes ont des conséquences concrètes sur la vie quotidienne des populations, notamment dans les zones urbaines côtières.
Quelles solutions face à la montée des eaux ?
Face à ce défi global, plusieurs types de réponses sont nécessaires.
La priorité est la réduction des émissions de gaz à effet de serre, afin de limiter le réchauffement climatique. Plus le réchauffement sera contenu, plus la montée des eaux pourra être ralentie.
L’adaptation des territoires est également essentielle. Cela passe par la construction d’infrastructures de protection, comme des digues, mais aussi par des politiques d’aménagement du territoire visant à éviter l’urbanisation des zones les plus exposées.
La gestion des ressources en eau constitue un autre enjeu majeur. Comme le montre la problématique des pénuries d’eau, une gestion durable et équitable de cette ressource est indispensable pour limiter les impacts sur les populations.
Enfin, l’accompagnement des populations les plus vulnérables est indispensable. Les organisations humanitaires interviennent pour renforcer la résilience des communautés, améliorer l’accès à l’eau et soutenir les familles affectées.
Agir face à une urgence climatique et humaine
La montée des eaux est à la fois un enjeu environnemental, social et humanitaire. Elle affecte déjà des millions de personnes et ses conséquences devraient s’intensifier dans les décennies à venir.
Agir dès aujourd’hui est essentiel pour limiter ses impacts et protéger les populations les plus vulnérables, en particulier les enfants.
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