Afghanistan : ce que vivent les femmes sous le régime Taliban

Afghanistan : ce que vivent les femmes sous le régime Taliban

Le rapport des Nations Unies décrit la situation que subissent les femmes et les filles en Afghanistan comme « une persécution sexiste et d’un cadre institutionnalisé d’apartheid sexiste ».

Depuis l’arrivée des talibans au pouvoir en Afghanistan, les droits des femmes ont été drastiquement réduits. Les femmes afghanes sont confrontées à de nombreuses interdictions comme fréquenter certains établissements scolaires ou travailler dans le domaine public.

Malgré cette situation, des femmes font entendre leur voix pour exiger l’égalité des sexes et défendre leurs droits et ceux de tous les Afghans.

Notre ONG porte des actions qui améliorent la vie des femmes, en les incitant à participer à la vie politique dans leur village ou pays. Nous voulons qu’elle puissent faire entendre leurs voix et être au cœur des décisions.

Faire un don à notre association c’est aider les femmes et les enfants vulnérables à survivre et à se construire un avenir.

 

 

Quels sont les droits des femmes en Afghanistan ?

Bien que les talibans aient assuré ne pas limiter la liberté des femmes à leur arrivée au pouvoir, leurs droits ont considérablement diminué depuis l’été 2021. Les femmes afghanes ont été privées de leurs droits civils les plus fondamentaux, notamment le droit à l’éducation, à l’emploi, à la liberté de parole et à la liberté de circulation.

Les filles sont privées d’éducation

L’accès à l’éducation des filles a considérablement progressé au cours des deux dernières décennies. Alors qu’en 2000, seulement 8 % des jeunes filles terminaient leur cycle d’études primaires, ce taux est passé à 56 % en 2020.

Cependant, l’arrivée au pouvoir des talibans détruit peu à peu les espoirs des jeunes filles. Elles n’ont désormais plus le droit d’aller au collège, au lycée et à l’université.

Selon un rapport d’ONU Femmes publié en juin 2025, près de 8 jeunes femmes afghanes sur 10 sont exclues de l’éducation, de l’emploi et des formations professionnelles. L’Afghanistan est désormais le deuxième pays au monde où les disparités entre femmes et hommes sont les plus marquées, avec un écart de 76 % en matière de santé, d’éducation, d’inclusion financière et de prise de décision.

Les femmes sont exclues du marché du travail

Selon l’UNICEF, l’Afghanistan risque de perdre jusqu’à 20 000 enseignantes et 5 400 professionnelles de santé d’ici 2030. La proportion de femmes dans la fonction publique est déjà passée de 21 % à 17,7 % entre 2023 et 2025.

En 2025, les autorités talibanes ont maintenu l’interdiction pour les femmes et les filles d’obtenir une éducation secondaire et supérieure, et ont imposé de nouvelles restrictions à la liberté d’expression des femmes, notamment l’interdiction que leur voix soit entendue lors de récitations du Coran ou en chantant en public.

Leurs libertés sont réduites

Dans l’espace public, le code vestimentaire féminin imposé par les talibans est très strict. Il leur est interdit de porter des vêtements qui révèlent leurs bras ou leurs jambes. Le hijab est obligatoire, la burqa très fortement recommandée, ne laissant aux femmes afghanes aucune liberté quant à leur apparence et à l’expression de soi. Ces dernières ne peuvent également plus réaliser de longues distances en voiture ou en avion sans la présence d’un accompagnateur masculin, ou encore fréquenter des parcs, jardins, gymnases et bains publics.

Petit à petit, les fondamentalistes islamistes restreignent les libertés et les droits de la femme en Afghanistan, sans pour autant concrétiser chacune de ces interdictions par des lois. Les talibans ont notamment demandé aux moniteurs d’auto-école de ne plus donner de cours de conduite aux femmes sans formellement leur interdire de conduire.

En juillet 2025, la Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt à l’encontre de responsables talibans de haut rang pour le crime contre l’humanité de persécution sexiste. En octobre 2025, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté une résolution créant un mécanisme indépendant chargé d’enquêter sur les violations des droits humains commises en Afghanistan.

La condition de la femme en Afghanistan : un retour en arrière brutal

Dès le premier régime taliban, entre 1996 et 2001, les femmes afghanes ont été privées de nombreux droits et libertés. Il leur était notamment interdit de s’instruire à l’école, d’utiliser les transports en commun ou encore de sortir sans un accompagnateur. Dès 2001, la présence américaine et la fin de ce premier régime taliban ont permis des changements et progrès majeurs pour le statut des femmes afghanes. Le nombre de filles scolarisées dans le primaire est passé de près de 0 en 2001 à 2,5 millions en 2018 selon l’UNESCO. Cependant, le retrait des forces de l’OTAN en 2021 a laissé place à un nouveau régime mené par les fondamentalistes islamistes, ouvrant une brèche à de nouvelles mesures liberticides contre les femmes.

Considérées comme des citoyennes de seconde zone par les talibans, les femmes sont une cible toute particulière pour le gouvernement. Alors que l’accès à la justice leur est très limité, le viol est couramment impuni et les demandes de divorces sont systématiquement refusées. Dès leur prise de pouvoir, les talibans ont dissous le ministère de la Condition féminine afin de le remplacer par le ministère de la promotion de la vertu et de la prévention contre la toxicomanie. Ces lignes directrices draconiennes qui affaiblissent la condition des femmes afghanes provoquent une insécurité alimentaire, en particulier pour les mères célibataires qui constituent une population très vulnérable dans ce système patriarcal.

2026 : un nouveau décret institutionnalise le mariage des enfants

La situation des femmes et des filles afghanes a franchi un nouveau seuil en mai 2026. Les autorités talibanes ont publié le décret n° 18, intitulé “Code sur la séparation judiciaire des époux”, qui ouvre la voie au mariage des enfants et considère le silence d’une fille pubère comme un consentement au mariage.

Ce texte rend également le divorce quasi impossible pour une femme si son mari s’y oppose. La Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) l’a qualifié de “profondément préoccupant”, y voyant une nouvelle étape dans l’érosion des droits des femmes et des filles afghanes, renforçant la discrimination systémique dans la loi et dans la pratique.

En 2023, déjà 28,7 % des filles de moins de 18 ans étaient mariées en Afghanistan. Avec ce décret, les mariages précoces pourraient augmenter de 25 % supplémentaires d’ici la fin 2026.

Pour comprendre les mécanismes et les conséquences de cette réalité, consultez notre article dédié : Mariage précoce en Afghanistan : ce que le nouveau décret Taliban change pour les filles.

Comment aider les femmes en Afghanistan ?

Pour contribuer à l’amélioration des droits des femmes en Afghanistan et de leurs conditions de vie, le moyen le plus direct et le plus efficace est de faire un don à une association humanitaire qui développe des programmes d’aide sur place.

De nombreuses femmes afghanes refusent de se soumettre à toutes ces restrictions. L’ensemble de la population féminine afghane mérite également d’être soutenue et protégée par la communauté internationale. Les pays occidentaux doivent faire pression sur les talibans pour que ces derniers reconnaissent les droits des femmes et leur fournissent l’accès à l’éducation et à l’emploi. Des initiatives politiques doivent être mises en place pour promouvoir un changement durable du régime des talibans à l’égard des femmes.

Malgré l’interdiction pour les femmes de travailler au sein d’ONG, les organisations internationales et les donateurs peuvent continuer à soutenir des projets destinés à améliorer les conditions de vie des femmes afghanes et à leur donner les moyens de se défendre et de participer à la vie politique. Soutien à l’éducation des filles, protection des femmes, lutte pour le respect de leurs droits… les combats sont nombreux.

Soutenir notre ONG c’est agir pour l’égalité des droits et permettre aux femmes de faire entendre leur voix. C’est leur donner la chance de changer leur monde !

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