Journée internationale des enfants soldats : où en est-on ?

Journée internationale des enfants soldats : où en est-on ?

Plus de 6 000 enfants ont été recrutés par des forces et des groupes armés en 2025 selon l’ONU.

Chaque 12 février, la Journée internationale de lutte contre l’utilisation des enfants soldats rappelle qu’un enfant n’a pas sa place dans une guerre. Les chiffres les plus récents de l’ONU montrent pourtant que le problème reste massif. En 2025, 6 607 enfants ont été recrutés ou utilisés par des parties à des conflits, et 5 129 ont été enlevés, souvent pour être recrutés, exploités ou victimes de violences sexuelles.

Que s’est-il passé en 2025 ? Qui sont ces enfants ? Et comment peut-on les aider à reconstruire leur vie ? Nous faisons le point.

Pourquoi une journée internationale des enfants soldats le 12 février ?

Le 12 février est la date retenue chaque année pour la Journée internationale de lutte contre l’utilisation des enfants soldats. Elle sert à alerter, à rendre hommage aux enfants concernés et à rappeler aux États et aux groupes armés leurs obligations.

Cette année, l’ONU a aussi marqué un anniversaire : le mandat des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés a eu 30 ans en 2026. Trente ans après sa création, le recrutement d’enfants reste, selon la Représentante spéciale du Secrétaire général, l’une des violations les plus répandues et les plus dévastatrices.

Enfants soldats : que disent les chiffres 2025 de l’ONU ?

Le rapport annuel du Secrétaire général de l’ONU sur les enfants et les conflits armés, publié en juin 2026, couvre l’année 2025. Voici l’essentiel :

  • C’est le nombre d’enfants touchés le plus élevé depuis la création du mandat, et un tiers des victimes sont des filles.
  • 6 607 enfants recrutés ou utilisés par des parties aux conflits.
  • 5 129 enfants enlevés.
  • 1 667 enfants privés de liberté en raison de leur association, réelle ou supposée, avec des groupes armés.

Un point important : ces chiffres correspondent à des cas vérifiés par l’ONU, mais la réalité est probablement bien plus lourde. Autre changement majeur : pour la première fois, les forces armées gouvernementales sont responsables de plus de violations graves que les groupes armés non étatiques.

Où les enfants sont-ils les plus touchés ?

En RDC, des acteurs de la protection de l’enfance au Nord-Kivu estiment qu’une dizaine de groupes armés continuent de recruter des enfants dans les territoires de Beni, Butembo et Lubero. L’ONG locale EADEV a recensé au moins 2 054 enfants, dont 423 filles, exploités et utilisés par des groupes armés en 2025. Ce chiffre vient d’une association de terrain, il n’est pas vérifié par l’ONU.

En Haïti, la situation s’aggrave. Selon l’UNICEF, le recrutement d’enfants par des groupes armés a augmenté de 200 % en 2025. La Représentante spéciale de l’ONU indique que plus de la moitié des membres des gangs seraient désormais des enfants.

Qu’est-ce qu’un enfant soldat ?

Un enfant soldat est une fille ou un garçon de moins de 18 ans utilisé par une force ou un groupe armé. Il peut être combattant, mais aussi espion, porteur, cuisinier, messager ou victime d’exploitation sexuelle.

« Un enfant soldat, c’est un enfant arraché à son innocence », rappelle Camille Romain des Boscs, Directrice Générale de World Vision France, sur France Inter.

Camille Romain des Boscs, Directrice Générale World Vision France sur France Inter à l’occasion de la journée internationale des enfants soldats

Pour tout comprendre sur le sujet, lisez notre dossier sur les enfants soldats.

Pourquoi les enfants rejoignent-ils les groupes armés ?

Beaucoup sont recrutés de force. D’autres rejoignent un groupe faute d’alternative. En Haïti, l’UNICEF explique que les enfants sont souvent contraints de rejoindre les groupes armés pour faire vivre leur famille, après des menaces contre eux ou leurs proches, ou après avoir été séparés de leur famille et en quête de protection.

Pauvreté, insécurité, déplacements, absence d’école : chaque facteur augmente le risque. Agir sur ces causes est donc la meilleure façon de prévenir le recrutement.

Que deviennent les enfants soldats après leur libération ?

Sortir d’un groupe armé n’est que le début. Les enfants ont besoin de soins, d’un soutien psychologique, d’une famille et d’un avenir. La Représentante spéciale de l’ONU souligne que la réintégration est essentielle pour reconstruire l’avenir de l’enfant et consolider la paix.

Des progrès existent : en 2025, 13 112 enfants anciennement associés à des forces ou groupes armés ont reçu une protection ou un accompagnement vers la réinsertion. En Haïti, le programme PREJEUNES, lancé avec l’ONU, propose aux enfants sortis des gangs des services de protection spécialisés.

Les actions de World Vision pour soutenir ces enfants

  • Au Soudan du Sud, avec l’UNICEF et le ministère de l’Éducation, World Vision International a assuré la réinsertion de plus de 600 enfants.
  • Dans l’est de la RDC, à Butembo, le Rebound Project soutient chaque année 80 enfants anciennement associés à des groupes armés : soutien psychosocial, formation et petites subventions pour lancer une activité.

Découvrez la réinsertion des enfants soldats étape par étape.

Comment agir pour les enfants soldats ?

Vous pouvez agir dès aujourd’hui : en faisant un don régulier pour soutenir les enfants vivants dans des contextes de crise, vous les protégez contre les recrutements dans les conflits et favorisez leur éduction.

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