Qu’est-ce que l’excision ? Définition, causes et conséquences

Qu’est-ce que l’excision ? Définition, causes et conséquences

230 millions de femmes ont été excisées dans le monde, majoritairement en Afrique.

L’excision est l’ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, pratiquée sans raison médicale. Plus de 230 millions de femmes en vivent avec les séquelles, surtout en Afrique.

Au nord-ouest du Kenya, 3 filles sur 4 subissent une mutilation génitale avant d’être mariées. Imaginez ce que serait leur avenir si elles pouvaient aller à l’école, à l’abri de cette violence. C’est le pari du projet Big Dream, que nous menons avec les familles, les enseignants et les leaders de la communauté.

Découvrez comment le projet Big Dream combat l’excision à la racine, par l’éducation, l’autonomie économique et la protection de l’enfance.

 

Qu’est-ce que l’excision ?

L’excision est l’ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, parfois des grandes lèvres, pratiquée sans aucune raison médicale. C’est une forme de mutilation génitale féminine (MGF), reconnue comme une violation des droits humains. Dans le langage courant, le mot « excision » désigne souvent toutes les MGF.

Elle est le plus souvent pratiquée sur des filles de moins de 15 ans, parfois avant l’âge de 5 ans. Plus de 230 millions de filles et de femmes en vivent aujourd’hui avec les séquelles, en grande majorité en Afrique.

Pourquoi cette pratique perdure-t-elle, alors que près des deux tiers des habitants des pays concernés souhaitent y mettre fin ? Parce qu’elle repose sur une norme sociale : dans certaines communautés, une fille non excisée risque d’être rejetée. Pour la faire disparaître, il faut agir avec les familles, les leaders communautaires et les filles elles-mêmes. C’est ce que nous faisons, avec vous, chez World Vision France.

Excision et mutilations génitales féminines : quelle différence ?

L’excision est l’un des quatre types de mutilations génitales féminines définis par l’OMS. Les trois autres sont la clitoridectomie, l’infibulation (rétrécissement de l’orifice vaginal, la forme la plus grave) et les autres interventions non médicales.

Retrouvez le détail de chaque type dans notre article sur les mutilations génitales féminines.

Une violation des droits humains

En 2012, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté à l’unanimité une résolution pour intensifier la lutte contre l’excision. Elle porte atteinte aux droits des enfants et à leurs droits fondamentaux :

  • le droit à la santé et à la sécurité ;
  • le droit à l’intégrité physique ;
  • le droit d’être protégée contre les traitements cruels, inhumains ou dégradants ;
  • le droit à la vie, lorsque l’excision entraîne la mort.

L’excision en chiffres

  • 230 millions de filles et de femmes vivent avec les séquelles d’une MGF, soit 15 % de plus qu’en 2016 (UNICEF, 2026)
  • 4,5 millions de filles sont à risque en 2026, dont beaucoup ont moins de 5 ans
  • Près de 2 personnes sur 3 dans les pays concernés soutiennent l’abandon de la pratique

Quelles sont les causes de l’excision ?

L’excision n’a pas une cause unique : elle repose sur des normes sociales, des croyances sur le corps des femmes, la pauvreté et le manque d’éducation. Dans les communautés concernées, ne pas exciser sa fille expose toute la famille au rejet.

Les 5 causes principales

  • La pression sociale : Une fille non excisée peut être jugée « impure » ou inapte au mariage. Les familles craignent l’exclusion, le harcèlement, parfois la violence.
  • Le contrôle de la sexualité féminine : La pratique est censée réduire le désir et préserver la virginité avant le mariage.
  • Le mariage : Au nord-ouest du Kenya, certaines filles sont excisées pour être mariées tôt et soulager leur famille d’une charge financière.
  • Les traditions et les croyances : Dans certaines communautés, l’excision est un passage obligé pour devenir une femme. L’OMS rappelle qu’aucun texte religieux ne la prescrit.
  • La pauvreté et le manque d’éducation : L’UNICEF observe que les filles dont la mère est instruite sont moins exposées.

Ces causes se renforcent entre elles. Quand tout le monde le fait, personne n’ose arrêter seul. C’est pourquoi la lutte contre l’excision va de pair avec la lutte contre le mariage précoce et pour l’éducation des filles.

Quelles sont les conséquences de l’excision ?

L’excision provoque des douleurs, des hémorragies et un risque élevé d’infection, puis des séquelles physiques et psychologiques qui durent toute la vie. Elle est souvent pratiquée avec des lames de rasoir ou des ciseaux, sans anesthésie. Même réalisée par un professionnel de santé, elle n’a aucun bénéfice médical.

Risques immédiats

  • Douleurs intenses et traumatisme.
  • Hémorragies et risque de septicémie.
  • Infections dues à des instruments non stérilisés.
  • Décès dans les cas les plus graves.

Risques à long terme

  • Problèmes urinaires et menstruels chroniques
  • Douleurs persistantes, notamment lors des rapports sexuels
  • Infertilité et infections de l’appareil reproducteur
  • Troubles psychologiques : stress post-traumatique, dépression, anxiété
  • Risques à l’accouchement : hémorragies, césariennes, décès de la mère ou du nouveau-né

Ces violences faites aux filles laissent des cicatrices invisibles mais durables. Le détail médical figure dans notre page sur les mutilations génitales féminines.

Excision en Afrique : quels pays sont concernés ?

L’excision est concentrée dans une trentaine de pays, surtout en Afrique de l’Ouest, de l’Est et du Nord-Est. Elle existe aussi dans certains pays d’Asie et du Moyen-Orient. Les taux varient beaucoup d’un pays à l’autre, et parfois d’une région à l’autre.

PaysFemmes de 15 à 49 ans excisées
Somalie99 %
Guinée95 %
Djibouti90 %
Mali89 %

Source : UNICEF, 2024.

Des progrès existent. En Sierra Leone, la part des adolescentes de 15 à 19 ans excisées est passée de 95 % à 61 % en 30 ans. L’Éthiopie, le Burkina Faso et le Kenya ont aussi enregistré des baisses.

Mais l’UNICEF observe une tendance inquiétante : de plus en plus de filles sont excisées très jeunes, souvent avant 5 ans. Pour atteindre l’objectif de l’ONU (mettre fin aux MGF d’ici 2030), les progrès devraient être 27 fois plus rapides.

Binta, excisée à 10 ans au Mali

À Kimparana, au Mali, Binta a été excisée à 10 ans. Dix-sept ans plus tard, elle vit toujours avec la douleur et la honte. Son histoire montre ce que cette pratique laisse derrière elle. Lisez le témoignage d’excision de Binta.

L’excision en France

L’excision concerne aussi la France : environ 125 000 femmes adultes y vivent excisées, selon une estimation du début des années 2010. Elles ont, pour la plupart, été excisées dans leur pays d’origine. Les filles nées en France après 1995 ont un risque devenu quasi nul, mais des fillettes peuvent encore être exposées lors d’un voyage dans le pays d’origine de leur famille.

La loi française punit l’excision de 10 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende, et jusqu’à 20 ans de réclusion si elle est commise sur une mineure par un parent. Elle s’applique même si les faits ont lieu à l’étranger, quand la victime réside habituellement en France.

Comment lutter contre l’excision ? Les actions de World Vision France

Pour lutter contre l’excision, il faut changer les normes sociales avec les communautés, éduquer les filles et protéger celles qui sont menacées. C’est l’approche de World Vision France dans ses programmes de parrainage. Selon l’ONU, chaque dollar investi contre les MGF génère environ dix dollars de bénéfices.

Une approche communautaire, en Afrique

Nous organisons des ateliers de sensibilisation avec les enfants, les jeunes, les femmes, les enseignants et les leaders communautaires.

  • Au Mali, nous sensibilisons les communautés aux conséquences de l’excision. À Kimparana, deux femmes âgées et respectées de la communauté ont annoncé publiquement leur volonté de mettre fin aux MGF, lors d’une campagne de plaidoyer menée avec le maire, le préfet adjoint et des leaders religieux.
  • Au Sénégal, à Dabo, nous agissons dans une région où la quasi-totalité des filles et des femmes sont excisées.

Le projet Big Dream au Kenya

Au nord-ouest du Kenya, 3 filles sur 4 subissent une MGF avant d’être mariées. Avec le projet Big Dream, nous associons éducation, autonomie économique, protection de l’enfance et plaidoyer pour combattre l’excision à la racine.

En 2025, nos actions ont permis de soutenir directement 357 filles en les protégeant du mariage précoce et d’autres pratiques culturelles néfastes.

Protégez une fille de l’excision

En devenant marraine ou parrain, vous financez des programmes d’éducation, de protection et de santé qui changent l’avenir des filles et de toute leur communauté.

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